Au Maroc, 84,1 % des acheteurs en ligne ont payé à la livraison, selon l’enquête nationale TIC 2024-2025 de l’ANRT relayée par Le360 le 3 novembre 2025. Vendre en paiement à la livraison (COD, cash on delivery) est donc la norme, mais la marge d’une commande COD se mesure sur les colis livrés, pas sur les commandes passées. Prenons une boutique dont 70 % des commandes passées sont confirmées et 80 % des colis expédiés livrés : 100 commandes passées donnent 56 colis livrés et 4 110 DH de marge, soit 73 DH par colis livré.
Pourquoi le paiement à la livraison domine-t-il au Maroc ?
Parce que la majorité des acheteurs y a recours. L’enquête TIC 2024-2025 de l’ANRT, relayée par Le360 le 3 novembre 2025, donne 84,1 % d’acheteurs en ligne ayant payé à la livraison, 43,3 % par carte bancaire et 9,9 % par un service de paiement en ligne. Les réponses sont multiples : un même acheteur peut avoir utilisé les deux, et le chiffre mesure une part d’acheteurs, pas une part des commandes ni des montants.
La carte progresse pourtant. Selon le rapport annuel de Bank Al-Maghrib relayé par Le360 le 26 novembre 2025, les paiements e-commerce par carte sont passés de 32,1 à 38,5 millions d’opérations en 2024, soit +20 %, pour 11 milliards de dirhams. Ce chiffre ne couvre pas le paiement à la livraison.
Pour un marchand qui a déjà une clientèle, la question n’est donc pas d’abandonner le COD. Elle est de savoir ce qu’une commande COD rapporte une fois les colis refusés et les clients injoignables retirés.
Combien coûte vraiment une commande payée à la livraison ?
Sept lignes pèsent sur une commande COD : le produit, la publicité qui l’a générée, la confirmation, la livraison, le retour si elle échoue, le temps de l’équipe, et le cash qui n’est encaissé qu’après le reversement du transporteur. Les tarifs de transport sont publics. Le reste dépend de votre boutique.
Tarifs lus sur les pages tarifs de chaque transporteur, consultées le 20 octobre 2026. Digylog publie de son côté ses services annexes : 6 DH pour la confirmation par centre d’appel, 3 DH le stockage, 3 DH l’emballage, 3 DH l’expédition.
Un retour affiché à 0 DH n’est pas un retour sans coût. Quand le colis revient, la publicité est payée, la confirmation aussi, le produit a bloqué du stock pendant le trajet, et il faut le reprendre. Le transporteur ne facture rien ; vous, si. Le détail des offres est dans notre guide des sociétés de livraison e-commerce au Maroc.
Où se perd la marge d’une commande payée à la livraison ?
Elle se perd avant l’expédition et après. Avant : les commandes passées que personne ne confirme, parce que le client ne décroche pas ou n’avait pas décidé d’acheter. Après : le colis refusé à la porte, le client injoignable, l’adresse introuvable. La publicité a été payée sur toutes ces commandes, la marge n’existe que sur celles qui arrivent.
Le calculateur ci-dessous suit cette chaîne sur 100 commandes passées : confirmation, expédition, livraison ou retour. Il compte la publicité et la confirmation sur chaque commande passée, le produit et la livraison sur chaque colis livré, les frais de retour sur chaque colis qui revient. Les colis retournés sont supposés revenir en stock intacts ; sinon la perte s’ajoute.
Un exemple chiffré
Prenons une boutique qui vend un produit à 350 DH, acheté 120 DH, avec 60 DH de publicité par commande passée. Sur 100 commandes passées, 70 sont confirmées et expédiées, 56 sont livrées et 14 reviennent. Les taux sont des hypothèses de calcul, pas une moyenne du marché : chaque boutique a les siens.
La publicité annoncée à 60 DH par commande coûte en réalité 107,14 DH par colis livré : 6 000 DH ÷ 56. C’est ce chiffre qu’il faut comparer à la marge du produit.
La même boutique, selon sa confirmation et sa livraison, sur 100 commandes passées :
Depuis la case centrale, dix points de livraison en plus rapportent 1 470 DH et dix points de confirmation 1 530 DH. Les deux leviers pèsent presque autant ; reste à savoir lequel coûte le moins à améliorer chez vous.
Comment faire baisser le taux de retour ?
En agissant à trois endroits : avant l’expédition, au moment du choix du mode de paiement, et dans le choix du transporteur.
- Confirmer chaque commande avant de l’expédier. Un appel ou un message qui demande « vous voulez bien ce produit, à cette adresse ? » écarte les commandes sans suite pour le prix de la confirmation, 6 DH chez Digylog quand elle passe par un centre d’appel. Le sujet a son propre guide : la confirmation des commandes COD.
- Poser des règles par ville et par montant. Votre historique dit où les colis passent et où ils reviennent. Une confirmation renforcée ou un acompte au-dessus d’un panier donné, ou dans les villes où le taux de livraison est le plus bas, se décide sur vos chiffres, pas sur une moyenne.
- Demander un acompte. Un lien de paiement suffit : NAPS propose avec Naps ePay Link l’envoi de liens de paiement par e-mail, sans développement pour qui n’a pas de site. Un acompte déplace une part du risque du marchand vers le client.
- Donner une raison de payer en ligne. Une remise ou la livraison offerte réservée au paiement par carte vaut la peine tant qu’elle coûte moins que la marge que perdent vos retours. Le calculateur donne la comparaison : relevez la marge perdue par commande, comparez-la à la remise.
- Choisir le transporteur sur la structure de ses retours. Forcelog ne facture que les colis livrés ; Cathedis rend gratuits les retours jusqu’à 10 % des colis en pack Silver et 20 % en pack Gold, et garde le colis 7 jours en Silver, 5 en Gold.
Le paiement en ligne a ses propres règles, ses commissions et ses plafonds : elles sont dans notre guide du paiement en ligne au Maroc.
Ces taux se lisent par ville, par produit et par canal à condition que la boutique soit branchée à son transporteur et à sa confirmation. C’est ce que nous mettons en place sur un site e-commerce au Maroc.
Faut-il limiter le paiement à la livraison ?
Pas le supprimer : 84,1 % des acheteurs en ligne y ont recours, et le retirer d’un bloc prive la boutique du mode que la plupart de ses acheteurs utilisent. Le limiter, oui, là où le calcul est négatif. Une commande COD est rentable tant que le taux de livraison reste au-dessus d’un seuil qui dépend de votre marge, de votre publicité et de vos frais.
Ce seuil est la dernière ligne du calculateur. Avec les valeurs de l’exemple, il est de 52,0 % : en dessous, chaque lot de 100 commandes passées fait perdre de l’argent. Il monte quand la publicité coûte plus cher, quand la marge du produit baisse ou quand la confirmation est faible.
Les segments à surveiller sont ceux dont le taux de livraison passe sous ce seuil, ou s’en approche : un produit à marge faible, une ville que le transporteur dessert mal, un canal publicitaire qui ramène des commandes de curiosité. Sur ces segments, exigez un acompte ou le paiement en ligne. Ailleurs, laissez le COD tel quel.
La règle se teste. Appliquez-la sur un segment pendant quelques semaines, comparez les commandes passées et les colis livrés avant et après, et gardez-la si la marge totale monte, même avec moins de commandes.
Quand l’argent du paiement à la livraison arrive-t-il ?
Le plus souvent sous 24 heures après l’encaissement, chez les transporteurs qui publient un délai ; chez Cathedis, une ou deux fois par semaine selon le pack. Les délais ci-dessous sont ceux annoncés sur les sites des transporteurs, consultés le 20 octobre 2026.
Digylog parle d’un retour des fonds « rapidement » sans donner de délai ; CTM Messagerie et Vitex n’en publient pas non plus.
La différence pèse sur la trésorerie. La publicité se paie le jour de la commande, le produit est acheté avant, et le cash du colis livré revient une semaine plus tard chez un transporteur à reversement hebdomadaire. Plus le volume monte, plus cet écart immobilise d’argent.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le paiement à la livraison (COD) ?
Le paiement à la livraison, ou cash on delivery (COD), consiste à régler la commande au livreur au moment de la remise du colis. Le transporteur encaisse le montant, puis le reverse au marchand.
Quelle part des acheteurs paie à la livraison au Maroc ?
Selon l’enquête nationale TIC 2024-2025 de l’ANRT relayée par Le360 le 3 novembre 2025, 84,1 % des acheteurs en ligne ont payé à la livraison, contre 43,3 % par carte bancaire et 9,9 % par un service de paiement en ligne. Les réponses sont multiples : ce chiffre mesure une part d’acheteurs, pas une part des commandes.
Comment calculer la marge d’une commande payée à la livraison ?
Calculez-la sur 100 commandes passées : retirez des sommes encaissées sur les colis livrés le coût des produits livrés, la livraison, les frais de retour, puis la publicité et la confirmation de toutes les commandes passées. Dans l’exemple de ce guide (panier 350 DH, produit 120 DH, 70 % de confirmation, 80 % de livraison), le résultat est de 4 110 DH, soit 73,39 DH par colis livré.
Quel taux de livraison minimal pour ne pas perdre d’argent ?
Il dépend de votre marge, de votre publicité et de vos frais. Avec les valeurs de l’exemple, il est de 52,0 % des commandes expédiées. Le calculateur du guide le recalcule avec vos chiffres.
Les retours sont-ils gratuits chez les transporteurs ?
Plusieurs transporteurs affichent un retour à 0 DH : Forcelog, Olivraison, Ameex, Vitex. Cathedis le rend gratuit jusqu’à 10 % des colis en pack Silver et 20 % en pack Gold, sans publier le tarif au-delà (pages tarifs consultées le 20 octobre 2026). Le coût réel d’un retour est ailleurs : publicité, confirmation et stock immobilisé.
Quand le transporteur reverse-t-il l’argent encaissé ?
Les transporteurs qui publient un délai annoncent 24 heures (Forcelog, Ameex, Sendit, OzonExpress, Livo, Olivraison), le lendemain (Tawssil) ou un versement quotidien (Quick Livraison). Cathedis reverse une fois par semaine en pack Silver et deux fois en pack Gold (sites consultés le 20 octobre 2026).